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Traitement des Variations Phonologiques Régionales en Anglais Britannique chez l’Apprenant Francophone

L.-M. CARLOTTI, Université de Provence, Aix-en-Provence, 2007.
mardi 11 mars 2008.
 

Résumé :

L’anglais est une des langues les plus enseignées dans le monde, un enseignement qui repose essentiellement sur le RP (Received Pronunciation), variété dite standard, rencontrée dans les médias et les milieux bourgeois. Or il existe un important déséquilibre entre la variété enseignée et la situation linguistique véritable en Angleterre. En effet, le RP n’est utilisé que par environ 7% de la population anglaise (Hughes & Trudgill ; 1979), le reste de la population utilise diverses variétés phonologiques régionales et sociales qui se différencient du RP sur de multiples plans (Wells ; 1982). Notre travail consiste à déterminer l’impact de ces variétés sur la compréhension orale des apprenants francophones. La variété retenue est le Geordie (Newcastle) dont certaines prononciations peuvent entraîner chez l’auditeur des confusions avec d’autres mots RP : par exemple Mile est prononcé comme Male (RP), Luck est La.prononcé comme Look (RP), ou encore Bout est prononcé comme Boot (RP) plupart des travaux menés en perception d’une langue seconde (L2) chez l’adulte ont montré que la langue maternelle (L1) agissait comme un filtre phonologique, mais que la plasticité du cerveau était telle qu’il était toutefois possible d’améliorer notre perception de L2, notamment en apprenant L2 durant l’enfance ou encore en augmentant sa durée d’exposition, ce qui aiderait les auditeurs à mieux percevoir les différences acoustiques entre les sons de L1 et de L2, et de différencier les sons à l’intérieur de L2 (Strange ; 1995).

Concernant la perception des variétés phonologiques d’une langue, nous disposons actuellement de travaux ayant uniquement testé des natifs L1 sur les variétés phonologiques non standards de leur langue maternelle, que nous appellerons L1’ (Iverson & Evans ; 2004). A nouveau L1 agit comme un filtre phonologique sur L1’ dans la plupart des cas, bien que certains tests aient toutefois montré que les sujets avaient recours à des indices acoustiques non sollicités en L1 (Escudero ; 2002). En résumé, nos connaissances actuelles dans le domaine de la perception des langues reposent sur deux grands types de travaux : la perception de L2 en tant que variété phonologique standard chez des natifs L1, et la perception de L1’ chez des natifs L1. Ainsi, à notre connaissance, aucune étude à ce jour ne s’est intéressée à la façon dont les natifs L1 perçoivent L2’, que nous définissons comme étant les variétés phonologiques non standards de L2. Notre recherche est donc la première à s’intéresser non seulement aux variétés phonologiques non standards de l’anglais sous cette forme expérimentale, mais est également la première à aborder la perception de L2’ chez des natifs L1 francophones.



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