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La dysarthrie dans la maladie de Parkinson : Corrélats physiologiques, cognitifs et fonctionnels

C. Atkinson-Clement, Aix-Marseille Université, 2017
dimanche 11 février 2018.
 

Altérant la parole, la dysarthrie dans la maladie de Parkinson (MP) fait partie des symptômes qui ne répondent pas de manière satisfaisante aux prises en charge médicales. Bien que largement étudiée, et ce particulièrement au niveau de sa composante motrice, certains aspects de la dysarthrie restent insuffisamment détaillés : quels sont ses corrélats physiologiques, ses liens avec des fonctions non-motrices et ses répercussions fonctionnelles ? Construit autour de quatre axes de recherche, ce projet doctoral avait pour objectif d’apporter des éléments de réponse à ces questionnements.

Un premier axe a exploré les bases physiopathologiques de la dysarthrie. Considérant les effets de la MP, du traitement médicamenteux et de la neurochirurgie, nous avons montré qu’aucun de ces traitements ne permettait de restaurer un profil neuro-fonctionnel similaire à celui de participants sains, d’autant plus lors d’une tâche combinant motricités axiale et distale. Le second axe a porté quant à lui sur les liens entre dysarthrie et fonctions non-motrices. Certains des résultats obtenus témoignent d’une relation étroite entre ces deux catégories de fonctions, s’expliquant potentiellement par des bases physiologiques communes, et suggèrent que certaines régions initialement non dédiées à la parole puissent y jouer un rôle compensatoire. À l’aide de comparaisons inter-dysarthrie et inter-linguistique, le troisième axe a considéré l’impact fonctionnel de la dysarthrie. Nous avons rapporté que les conséquences de la dysarthrie ne sont pas fonction de la perte d’intelligibilité, qu’ell e affecte davantage les patients ayant un profil akinéto-rigide, et qu’elle a tendance à réduire les différences inter-linguistiques. L’étude des prises en charge orthophoniques a constitué notre quatrième axe. Nos conclusions ont relevé que pour être efficace, la rééducation orthophonique dans la MP doit remplir trois critères : être focalisée sur un unique paramètre de parole, être réalisée de manière intensive et apporter un retour au patient sur sa production. Les approches ciblant l’intensité vocale apportent des résultats intéressants, tandis que celles visant la prosodie restent inefficaces. Pourtant, ces dernières bénéficient de modèles théoriques encourageants et restent donc à explorer.



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