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Identification des indices acoustiques utilisés lors de la compréhension de la parole dégradée

L. Varnet, Université Claude Bernard Lyon 1, 2015
mercredi 20 janvier 2016.
 

Résumé : Bien qu’il existe un large consensus de la communauté scientifique quant au rôle des indices acoustiques dans la compréhension de la parole, les mécanismes exacts permettant la transformation d’un flux acoustique continu en unités linguistiques élémentaires demeurent aujourd’hui largement méconnus. Ceci est en partie dû à l’absence d’une méthodologie efficace pour l’identification et la caractérisation des primitives auditives de la parole. Depuis les premières études de l’interface acoustico-phonétique par les Haskins Laboratories dans les années 50, différentes approches ont été proposées ; cependant, toutes sont fondamentalement limitées par l’artificialité des stimuli utilisés, les contraintes du protocole expérimental et le poids des connaissances a priori nécessaires. Le présent travail de thèse s’est intéressé à la mise en oeuvre d’une nouvelle méthode tirant parti de la situation de compréhension de parole dégradée pour mettre en évidence les indices acoustiques utilisés par l’auditeur. Dans un premier temps, nous nous sommes appuyés sur la littérature dans le domaine visuel en adaptant la méthode des Images de Classification à une tâche auditive de catégorisation de phonèmes dans le bruit. En reliant la réponse de l’auditeur à chaque essai à la configuration précise du bruit lors de cet essai, au moyen d’un Modèle Linéaire Généralisé, il est possible d’estimer le poids des différentes régions temps-fréquence dans la décision. Nous avons illustré l’=efficacité de notre méthode, appelée Image de Classification Auditive, à travers deux exemples : une catégorisation /aba/-/ada/, et une catégorisation /da/-/ga/ en contexte /al/ ou /aʁ/. Notre analyse a confirmé l’implication des attaques des formants F2 et F3, déjà suggérée par de précédentes études, mais a également permis de révéler des indices inattendus. Dans un second temps, nous avons employé cette technique pour comparer les résultats de participants musiciens experts (N=19) ou dyslexiques (N=18) avec ceux de participants contrôles. Ceci nous a permis d’étudier les spécificités des stratégies d’écoute de ces différents groupes. L’ensemble des résultats suggèrent que les Images de Classification Auditives pourraient constituer une nouvelle approche, plus précise et plus naturelle, pour explorer et décrire les mécanismes à l’oeuvre au niveau de l’’nterface acoustico-phonétique.



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